20070916

Progéria solaire

La gorge nouée, simple ouvrier, je me sais condamné
N'étant pas sur la liste des navettes du programme "arche de Noé"
Les spectacles de désolation s'amoncellent
C'est l'épilogue et il fait si sombre sous nos stèles
Les homicides se signent de rouge sans nuances
Plus rien ne retient maintenant le cycle de la démence
L'obscur futur se coiffe de vices amenés à leurs termes
Certaines rues de luxure s'innondent de sperme
Les masques tombent, les hommes vomissent leur haine en fusion
Pendant que la chaleur colporte les odeurs de putréfaction
Je me réfugie dans un album photo avec ivresse
Pour sans doute y retrouver les tombeaux de ma jeunesse
J'essaie d'oublier toutes ces images de capitales irradiées
Refouler mon côté bestial pour ne pas tuer
Oublier le bruit de la chute des corps défenestrés
Oublier cette femme enceinte qui dans la rue se mutile pour avorter
Les cataclysmes se succèdent
Peut-être est-ce que la nature ne supportait plus nos excès
Asphyxiés par la peur, nos vices suspendus par le temps
Les uns remercient Dieu, pendant que d'autres implorent Satan
Rongé par les larmes, je me creuse comme le lit d'une rivière
Parmi les bris de verre et les cris qui remontent des entrailles de la terre
C'est fini, ma chair tombe en lambeaux
L'immense lumière rouge embrase le ciel, c'est bizarre mais je trouve ça beau ...

L'arche de Noé pénètre dans la stratosphère d'un oeil vigilant
Avec à son bord une poignée d'hommes bénis par la chance
Ayant l'espoir de réanimer notre civilisation sur une terre salutaire
L'aube d'une nouvelle ère commence aux dépends d'une progéria solaire
L'émotion perle sur le visage de mes compagnons
L'enceinte résonne d'une symphonie mortuaire à demi ton
La communion de toutes ces souffrances envahit mon être
Jusqu'à en rendre même provoquant les prières des prêtres
J'en peux plus, je voudrais tant trouver le repos mais la peur de ne pas
Réussir à soustraire de mes pensées ces images de suicides spontanés me hante et m'oblige à garder les yeux ouverts alors
Je me plonge vers l'infini à travers le hublot
Mais même les étoiles donnent l'impression de fuir
De fuir l'apocalypse, cette géante rouge en thermo-fusion
Pendant que notre sphère se volatilise
Je me plais à croire qu'au-delà des religions l'homme trouvera sa terre promise ...

Klub des loosers (le) - Gravité zéro

20070903

Titre.


Désespéré à chaque fois qu'une femme enfante, je réalise qu'en fait je n'aime pas beaucoup les gens.
Et dire qu'avant j'avais été quelqu'un de gentil, c'est fini. Baise les gens: une manière très personnelle d'affirmer ma croyance profonde en la misanthropie.
Les bribes de leur vie pathétique qu'ils hurlent au travers de leur téléphone portable me donnent envie de me trancher la jugulaire en criant: "buvez mon sang, il est contaminé."
Ils me sortent tous par les yeux, ce qui me change des larmes. Malheureusement je n'ai pas encore trouvé le bon mouchoir pour les essuyer.
Je suis moi même, la feuille de papier toilette la plus rugueuse qui n'ait jamais existé.


Klub des loosers - baise les gens

20070827

...

" Se vaincre plutôt soi-même que le monde."
Descartes.



20070814

Genèse, traduction secondaire.



L'homme et la femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? La femme répondit au serpent: Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea.
Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent. Ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures. Alors ils entendirent la voix de l'Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin.
Mais l'Eternel Dieu appela l'homme et lui dit: Où es-tu? Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. Et l'Eternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? L'homme répondit: La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé. Et l'Eternel Dieu dit à sa femme: Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit: Le serpent m'a séduite, et j'en ai mangé. L'Eternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta propriété et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris, car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
Adam donna à sa femme le nom d'Eve: car elle a été la mère de tous les vivants.
L'Eternel Dieu dit: Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement. Et l'Eternel Dieu le chassa du jardin d'Eden.



20070807

Igudesman & Joo: A little nightmare music



"Rachmaninov's hands are very big. Big hands.
But, because I'm Korean. Small hands.
But only hands small."
[ Texte en italique: dit en Coréen. ]

Voir aussi: la vidéo de Rainer Hersch, qui a présenté en premier le numéro des bâtons. D'aucuns accusent Igudesman & Joo de l'avoir volé. Pour ma part je préfère cette vidéo, la performance est plus poussée, mieux utilisée. Et elle m'a aussi permis de mettre une vidéo de Rachmaninov sur ce blog.

Klub des loosers (le) - Un peu seul



Je me rappelle de ce jour où j’ai dit « qui m’aime me suive »
Depuis j’attends toujours, même si personne n’arrive
Cela va faire longtemps, déjà étant enfant
A l’école, dans la cour, mon meilleur pote était un banc
Je compris à son contact que mes relations seraient dures
Qu’il fallait que je sache, pour ne pas être déçu
Que les amis, tout comme lui, je pouvais m’asseoir dessus
[...]
Le jour où ça n’ira pas j’irai m’acheter un chat
Il sera blanc, je l’appellerai Ma chérie, les enfants
Comme ça le soir comme tout le monde en rentrant chez moi
Je pourrai dire « Ma chérie, les enfants, je suis là. »

Je me sens seul
Ils ont coupé mon cordon, depuis je n'ai plus été rattaché à personne
Chez moi tout est silencieux, des ressorts de mon lit jusqu'à mon téléphone

Je n'ai pas beaucoup de forces, j'aimerais que quelqu'un m'aide à partager ma vie
Je n'veux pas mourir maintenant, j'ai trop peur que ma tombe ne soit jamais fleurie.
[...]

Youpi.

"Et quand j'ai tout fini, alors après j'ai été chercher du boulot. C'est là que ça s'est gâté. Parce que dans la vie, c'est pas l'tout d'avoir des bagages, 'faut savoir où les poser.
Alors dans ma banlieue où j'habitais, comme métier qu'on pouvait faire tout d'suite avec le bac, y'avait voleur.. Mais voleur c'est pas un métier hein, c'est les flics qui tirent le plus.
Y'en a un l'autre jour, un repris de justesse à la télé l'autre jour il a dit: " maintenant quand on braque une vieille dans la rue on est obligés de dire: n'ayez pas peur madame, on n'est pas de la police."
Sans ça, y'avait comme orientation pour les jeunes, yavait le suicide.. Bon, le suicide c'est une vengeance personelle, et moi personnellement j'm'en veux pas, voyez.. Et puis même si j'ai l'occasion, j'aimerais bien mourir de mon vivant."

Coluche, L'étudiant, 1989

@Frederic.



Et sinon...